Journal de bord n°1 (Mai 2025): entre indexation, préservation et création

Ce mois de mai aura été bien rempli. Entre mon avant-dernier mois de stage, des sessions d’indexation à rallonge, des excursions cémétériales, des actes rédigés en lettres semi-hiéroglyphiques et un colporteur malchanceux, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Voici donc, pour ouvrir le bal, mon tout premier journal de bord !

Côté indexation: le mois de tous les records!

Ce mois-ci, j’ai battu mon record personnel : 2 444 individus indexés sur Geneanet ! C’est beaucoup… mais pas encore de quoi concurrencer les monstres sacrés du podium (certains sont à plus de 20 000, et la dame sur la première marche du podium a obtenu un score supérieur à 38 000… mais comment font-ils ? Ont-ils des clones ?).

Une bonne partie de mes efforts a été consacrée à l’indexation des registres d’inhumation de Genève (1854-1870). J’ai couvert à moi seule la période de 1854 à 1859, pour un nombre exact d’individus qui m’échappe aujourd’hui. Même si ces documents ne sont pas mes préférés (ce sont surtout des listes minimalistes, un peu tristounettes), ils méritaient d’être rendus accessibles.

Mon cœur reste fidèle aux bons vieux actes d’état civil : naissances, mariages, décès… avec de la chair autour de l’os, des noms, des marges, des témoins, des surprises !
C’est pourquoi j’ai aussi travaillé sur les registres, tant du côté français que suisse. D’abord ceux de communes du canton de Genève (Avusy, Hermance, Collex-Bossy), puis du côté français en me plongeant dans ceux d’une commune chère à mon enfance, j’ai nommé Écully, dans le Rhône.

Pourquoi Écully ? Déjà, parce que j’y ai vécu sept ans, et si je n’y ai aujourd’hui plus aucune attache, l’idée de rendre public les noms des familles qui y étaient implantées bien avant de devenir une périphérie un peu huppée de Lyon me plait assez. Mais si j’ai continué malgré mon arrivée dans la période révolutionnaire (et son horrible calendrier républicain) et la plume de l’adjoint au maire Claude Luizet (qui semble hésiter entre « cursive artistique », « griffonnage mystique » et « maniement de crayon indigne du CP ».

Vous noterez au fil de mes articles, amis lecteurs, que j’entretiens avec Claude une relation d’amour-haine : il m’a parfois donné envie de hurler face à ses « e » contorsionnés… mais il faut bien avouer que le voir approcher de la retraite, en juin 1811, m’a laissée un brin émue. (Un tout petit brin. J’ai trouvé son successeur plus lisible, je ne vais pas mentir.)

C’est long, mais gratifiant : j’ai découvert des pépites hilarantes, tragiques ou franchement absurdes, qui inspireront très certainement plusieurs futurs articles. (Mais chut, ne comptez pas sur moi pour vendre la mèche… enfin, pas trop.)

Sauvons nos tombes : entre balade dominicale et mission urgente

Autre grande avancée de ce mois de mai : ma participation active au projet Sauvons nos tombes, lancé il y a presque dix ans par le site Geneanet. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce projet consiste à photographier et indexer des sépultures nominatives avant qu’elles ne disparaissent, souvent dans l’indifférence générale, faute de renouvellement des concessions (ou des méfaits de l’érosion).

J’ai donc chaussé mes baskets, attrapé mon appareil photo (et ma dose de courage, car les regards curieux du curé et des mamies du village sont parfois plus intimidants qu’une pierre tombale bancale), et je me suis lancée. Résultat : 497 tombes sur deux cimetières publiées à ce jour, pour près du double d’individus indexés. Je n’ai certes pas dépassé le cap des 500, mais je suis malgré tout plutôt fière de mes performances.

Premier arrêt : le cimetière de ma commune (que je garde discret, vie privée oblige). J’ai commencé à documenter les tombes les plus anciennes, en donnant la priorité à celles dont la concession semblait échue ou en mauvais état, et ait enchaîné avec la partie est du cimetière, son grand jardin des souvenirs et ses sept columbariums (ce fut très long, croyez-moi). Le travail est encore loin d’être fini, mais chaque photo est une petite victoire contre l’oubli.

Deuxième arrêt, la commune suisse voisine. Là, surprise : aucune trace du cimetière sur Geneanet. J’ai donc créé sa fiche, avant de commencer à en photographier les pierres. Certaines d’entre elles dataient du tout début du XIXe siècle, voire plus pour les plus anciennes dévorées par le lierre (et que je n’ai pas osé déranger). Pourtant, ces pierres anciennes ne furent pas la plus belle découverte du jour, car le titre revient à des tombes pourtant plus récentes: bien qu’elles dataient de la première moitié du XXe siècle, elles étaient stockées à l’écart, appuyées contre la nef de l’église, fraîchement retirées. Un pur hasard m’a conduite à passer par là au bon moment, ce qui m’a permis de capturer ces noms avant qu’ils ne disparaissent pour de bon.

Le projet avance lentement, mais sûrement. Et il me rappelle une chose essentielle : ce ne sont pas que des pierres. Ce sont des noms, des dates, des histoires. Et parfois, les dernières traces visibles d’une vie entière.

Dernier point mais non des moindres: Carnets d’Ancêtres prend enfin vie!

Enfin, et j’espère avoir gardé le meilleur pour la fin : après moultes hésitations et tergiversations, Carnets d’Ancêtres est officiellement en ligne !

Une première tentative de partager mes écrits, un blog pour raconter la généalogie autrement : drôle, sérieuse, étrange et humaine. J’y ai publié mon tout premier article, Faire de la généalogie : mais pourquoi s’infliger ça ?, dans lequel je tords le cou à quelques idées reçues sur cette discipline un peu trop souvent jugée poussiéreuse, suivi rapidement du second, où j’explique en détail le sauvetage de sépultures susmentionné.

Mais ce n’est que le début, ami lecteur, car j’ai déjà d’autres articles sur le feu. On y croisera des églises oubliées, des fresques millénaires, et des archives parfois loufoques, évoquant poireaux médicinaux et tragédie vaisselière.

Et en juin?

Rien n’est garanti, alors que j’entame la dernière ligne droite de mon stage en cours. Cependant, j’espère pouvoir mettre au propre les très nombreuses (et brouillonnes) notes que j’ai prises au fil de mes indexations, afin de vous offrir des articles inédits et, j’ose l’espérer, divertissants.

J’espère pouvoir aussi, si le temps le permet, terminer l’immortalisation du cimetière de ma commune française, ainsi que celle de la commune suisse voisine. Espérons que la météo me permettra de mener cette tâche à bien!

Sur ces belles paroles et espoirs un peu candides, je me permets de vous remercier de m’avoir lu jusqu’ici, et vous dis, ami lecteur, à très bientôt pour de nouvelles aventures sur Carnets d’Ancêtres.

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