Journal de bord n°3 (juillet 2025): Vacances, Allemagne et Eglises

Juillet, ce mois où le temps semble à la fois ralentir et s’accélérer. Ralentir parce que les journées s’étirent, que les soirées se prolongent, et que la chaleur pousse à lever le pied. S’accélérer parce qu’entre sorties, vacances qui se préparent et petits changements de rythme, on cligne des yeux et voilà déjà le mois écoulé.

De mon côté, ce mois de juillet a eu un goût un peu différent des précédents. Moins frénétique, plus posé, presque contemplatif par moments. Loin des records d’indexation ou des sessions marathon, j’ai pris le temps de souffler, de m’éparpiller un peu, de changer un peu d’air et de regarder mes activités généalogiques sous un autre angle. Moins de quantité, peut-être, mais pas moins de qualité : parfois, ce sont justement les périodes calmes qui réservent les surprises les plus intéressantes, que je ne manque pas de vous raconter dans ce troisième journal de bord.

Indexation : l’art de ralentir sans s’arrêter

Après deux mois sur un bon rythme, juillet marque une vraie cassure : 434 individus indexés seulement. Quand je repense à mes scores de mai et juin, j’ai presque l’impression d’avoir mis la pédale douce un peu trop fort. Et si je compare aux géants de l’indexation qui trônent fièrement dans le top 10 mensuel, la différence donne presque le vertige : là où certains parviennent à saisir plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’individus en un mois, mes 434 ressemblent à un amuse-bouche. Mais après tout, mieux vaut savourer un petit plat bien relevé qu’un buffet indigeste, non ?

Ces chiffres, modestes en apparence, ont pourtant une histoire. Une bonne part vient des registres de Collex-Bossy, dans le canton de Genève, que j’ai poursuivis avec régularité. Ces registres, je les connais maintenant presque par cœur, au point d’y retrouver des patronymes devenus familiers. J’ai aussi décidé de varier un peu mes horizons en m’attaquant aux listes électorales de la région parisienne. Un exercice nouveau pour moi, très différent de l’état civil classique : on y lit des professions, des adresses, des allers-retours entre communes, bref un autre portrait de la vie quotidienne.

Enfin, juillet a surtout été marqué par le travail sur les tombes, aussi bien en Suisse qu’en France. Une indexation différente, plus contemplative, où chaque pierre raconte à sa façon l’histoire d’une famille.

Alors oui, en comparaison de mes “hautes saisons” d’indexation, juillet ressemble à une période de vaches maigres. Mais relativisons : même si la tortue avance moins vite que le lièvre, elle continue d’avancer. Chaque nom ajouté à une base de données est une petite victoire, une pierre posée dans l’édifice collectif.

Et surtout, moins d’indexation en ligne ne veut pas dire moins de travail de sauvegarde : côté terrain, j’ai eu l’occasion de découvrir et d’enrichir d’autres sources précieuses pour la généalogie, aussi bien dans ma région habituelle que sous de nouveaux horizons.

Côté terrain : petites victoires suisses et mémoires allemandes

Première grande satisfaction de juillet : malgré la chaleur écrasante, je suis parvenue à boucler le cimetière de la commune suisse voisine de la mienne. J’avais déjà abordé, dans un de mes tous premiers articles sur ce blog, un sauvetage de tombes récemment démontées, et entreposées derrière la façade sud de l’église du cimetière en question. J’avais alors fait en sorte de me focaliser en priorité sur les tombes menacées, et m’était contentée au mois de mai de mettre en ligne la moitié du cimetière. Mais aujourd’hui, ce sont près de 263 tombes, pour 406 individus, qui furent ajoutés à la base de données de Geneanet.

Le voir enfin terminé a eu quelque chose de symbolique : comme boucler un chapitre. Chaque tombe est désormais sauvegardée, photographiée, indexée et rendue accessible, pour que d’autres puissent retrouver leurs ancêtres ou découvrir un pan oublié de leur histoire. C’est un travail discret, mais qui me tenait à cœur, et j’avoue que j’ai ressenti une petite fierté en posant le point final.

Mais ces vacances forcées m’ont également permis de quitter le pays de Gex pour quelques jours, et de partir visiter ma sœur en Allemagne. En plus de découvrir les Franzbrötchen, curry wurst et soupes d’anguilles (et de survivre sans trop savoir comment à une langue germanique que je ne maîtrise pas du tout), j’ai pu m’émerveiller des colossales dames de briques d’Allemagne du Nord, de l’architecture hétéroclite d’une rue à l’autre, mais toujours plaisantes à l’œil.

Mais le côté mémoriel est sans doute celui qui m’a le plus intriguée : outre bien sûr les stigmates de destructions causés par un certain conflit mondial des années 40, l’espace public allemand regorge de petits hommages mémoriels, certains presque ostentatoires, d’autres beaucoup plus discrets.

Impossible de ne pas commencer par les Stolpersteine, ces petits pavés de laiton qui jalonnent les trottoirs, devant les maisons où vivaient des victimes du nazisme. De minuscules monuments, à hauteur de pas, qui forcent à s’arrêter et à relever le nom d’une famille, d’un voisin, d’un disparu. Les photographier et les intégrer dans Geneanet m’a semblé une manière de prolonger ce travail de mémoire, de relier la grande Histoire aux petites histoires familiales.

Mais l’Allemagne ne se limite pas à ces pavés. Il y a eu la découverte des monuments funéraires au cœur des églises. Dalles gravées, plaques murales, statues commémoratives : un patrimoine nord-allemand foisonnant qui change complètement du cadre plus familier des cimetières suisses ou français. Entrer dans ces églises, c’était entrer dans un livre d’histoire à ciel couvert, où chaque pierre, chaque inscription racontait une vie, un souvenir, une mémoire. Et puis, parfois, dans les cryptes d’églises, on peut tomber sur des figures familières.

Côté articles, l’encre coule à flots

Si les registres m’ont un peu résisté ce mois-ci, ma plume, elle, n’a pas chômé. Juillet a été bien plus riche en écriture qu’en indexation, et finalement, ce n’est pas plus mal : quand je ne peux pas avancer dans mes propres branches, j’aime partager mes réflexions et mes découvertes avec vous.

J’ai d’abord pris le temps de revenir aux bases, en écrivant un article pour celles et ceux qui souhaitent se lancer en généalogie et qui ne savent pas trop par où commencer. Un petit guide, pensé pour les néophytes, qui reprend les premiers pas indispensables et les pièges à éviter lorsqu’on commence à faire son arbre.

Dans un registre différent, j’ai aussi consacré un texte à ce travail patient et discret qu’est l’indexation, et à son importance pour la communauté. Article né de mon blocage sur mes propres branches, j’y raconte pourquoi indexer est une manière précieuse de rester actif quand on ne peut plus avancer dans son arbre, et surtout comment ce travail discret nourrit la mémoire collective.

Enfin, j’ai eu envie de vous emmener un peu sur le terrain, avec un article inspiré de mes découvertes allemandes, plus paticulièrement celle des Stolpersteine. Cet article, en plus de présenter les particularités de ce monument aux morts pas comme les autres, illustre bien, du moins je l’espère, ce que j’aime dans la généalogie : le fait qu’elle ne se limite pas aux registres, mais qu’elle se trouve aussi dans nos rues, nos monuments et nos églises.

Trois articles très différents, donc, mais qui reflètent bien l’équilibre de ce mois de juillet : moins de chiffres, plus de mots, mais toujours la même envie de partager.

Et pour août ?

Août s’annonce encore plus estival, puisque je passe une bonne partie du mois dans l’Hérault, dans ma famille maternelle. Autant dire que mon rythme d’indexation ne connaîtra probablement pas de miracle… Mais j’espère rapporter dans mes bagages quelques perles méridionales : pierres tombales ensoleillées, plaques commémoratives locales ou archives aux accents du Sud. Ou peut-être que je préférerai me plonger dans des archives helvétiques, histoire de troquer la canicule languedocienne contre l’air frais des montagnes vaudoises, qui sait !

Rendez-vous le mois prochain pour un nouveau journal de bord généalogique, entre cigales, chaleur et registres.

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